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L'externalisation autrement

June 18, 2013

Des entreprises françaises se posent la question d’externaliser des fonctions actuellement hébergées dans des endroits où le mètre carré et la main d’œuvre sont chers vers des sites « offshore », notamment en Europe Centrale ou en Afrique du nord. L’objectif est d’une part d’abaisser les coûts, d’autre part de remettre à plat un processus à l’occasion de ce changement afin de mieux le maîtriser et d’être capable de le faire évoluer de manière plus souple en fonction des besoins du marché. Le développement des technologies rendant possible le travail à distance renforce cette tendance.

 

 

En attendant, un décalage croissant de niveau d’occupation est observé dans l’entreprise entre des profils d’opérateurs surchargés et des profils projet au chômage technique. Ceci s’explique entre autres par une baisse des investissements (carburant des projets, donc de l’occupation de profils projets) concomitante d’une accélération de la course à la compétitivité (facteur de pression sur les coûts opératoires).

 

Ceci présente une opportunité intéressante pour les entreprises d’insertion, à la fois à la recherche de personnel encadrant et de travail pour ses personnels. Le schéma suivant illustre un partenariat possible dans un tel contexte : il s’agit de fournir des services à distance hébergés par une entreprise d’insertion, par exemple des centres d’appel ou des back-offices bancaires. Pour y parvenir, il faut réunir au moins quatre conditions :

 

– Des personnels en insertion à demeure,
– Des cadres sociaux maîtrisant le métier de l’insertion,
– Un besoin avéré, exprimé par un ou plusieurs clients,
– Une présence continue d’une équipe de formateurs et de cadres rompus à l’opération des processus concernés.

 

Une version plus modeste de ce projet consiste à proposer des postes de télétravail à des entreprises et des collaborateurs souhaitant transférer leur propre activité et l’opérer eux-mêmes, de façon ponctuelle ou plus durable. Les collaborateurs auraient ainsi l’occasion de se mettre au vert pendant quelques temps, dans un cadre agréable et propice à la prise de recul, tout en bénéficiant d’un espace équipé pour le télétravail, partageant ainsi des bonnes pratiques avec d’autres personnes faisant cette expérience.

 

Le volet commercial d’un tel projet est complexe. Il doit permettre de détecter les besoins qu’une externalisation solidaire peut couvrir, depuis l’examen des petites annonces de la région jusqu’au démarchage professionnel et planifié de grandes entreprises. Mais il y a là un potentiel important, qui permettrait aux entreprises solidaires de surfer sur la vague numérique sans perdre leur âme. Le phénomène de la dématérialisation des échanges professionnels est trop important et structurant – certains disent même déstructurant – pour que ces entreprises ne s’y intéressent pas d’une façon ou d’une autre, car elles sauraient, par leurs vocations mêmes, préserver ou recréer le lien menacé de disparition par cette dynamique.

 

Par ailleurs, une loi-cadre ESS (entrepreneuriat social et solidaire) est en gestation : elle redéfinit l’objet social, la structure juridique (associations, fondations, mutuelles et structures commerciales), les statuts et les règles qui permettent d’obtenir le label ESS, lequel va remplacer l’agrément d’entreprise solidaire. Ce label pourrait devenir un critère clé des décisions d’allocations de la BPI et autres fonds d’investissements spécialisés. Les idées de ce type, assorties non seulement d’un business plan, mais aussi d’une étude de marché et d’un plan d’action commerciale très crédibles, peuvent faire leur chemin dans un tel contexte.

 

Pour découvrir le monde de l’entrepreneuriat solidaire : Une introduction à l’entrepreneuriat social par Thierry Sibieude (ESSEC)

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