• Chris

Une vision de l'économie du livre en 2027 - Partie I

Mis à jour : il y a 4 jours

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A suivre


Cette série d'articles décrit un écosystème du livre à un horizon de sept ans, un parmi d'autres possibles. Il est le fruit d'hypothèses et de scénarios imaginés par un éditeur qui a choisi un temps de crise pour apparaître dans le paysage littéraire, tel un arbuste qui pousse dans une tranchée pendant la guerre. Ce paysage de 2027 sera construit pas à pas, article après article, selon une méthode faisant la part belle à la créativité et à l'inspiration littéraires, car rien n'est plus aride et sclérosant qu'une vision strictement technique.


Les habitants de la planète livre sont les éditeurs bien sûr, mais aussi les distributeurs, exploitants, associations, bibliothèques, imprimeurs, communicants, illustrateurs, photographes, correcteurs, journalistes et critiques, lecteurs, diffuseurs, auteurs, libraires et enseignants. Chaque métier aura son représentant dans le panorama final, réel ou fictionnel, préservé ou transformé, voire remplacé par quelque-chose de nouveau, de différent. Ils seront nommés, uniques, à la façon de personnages de roman.

Editions Scenent

En stratégie comme en littérature, tout acteur a une identité. La première clé de la réussite dans un monde innovant est la différenciation : "Soyez vous-même, c'est votre seule chance d'être original" (M. Pagnol dans "La Cinématurgie de Paris"). Dans la foulée du précédent article présentant l'ADN de Scenent Éditions, le premier réflexe est donc un retour sur la raison d'être, la cohérence et l'unité des fondements de la maison, bref, ses lignes éditoriales. Il y en a deux, une par collection. Seront-elles toujours d'actualité en 2027 ?


"Entre deux rendez-vous" d'abord. LITTÉRATURE COURTE D'ÉVASION. Trois mots-clé, pas au sens ou les moteurs de recherche l'entendent, mais en tant que concept durable.

Qu'est-ce que la LITTÉRATURE ? Chez Scenent, nous pensons qu'il s'agit d'un amont, d'une cause, d'un déclenchement. L'amont d'un plaisir de lire d'abord, mais aussi l'amont d'une transformation en film, en spectacle vivant, en jeu vidéo (on parle alors de littérature-univers), car aucune forme de fiction ne peut exister sans un texte qui la précède. Dans notre étude Cinéma 2020 écrite en octobre 2013, le constat est clair : on peut faire un mauvais film avec un bon texte, mais jamais un bon film avec un mauvais texte. C'est toujours vrai aujourd'hui et nous faisons le pari que ce sera encore plus prégnant en 2027. Le mot COURTE a de bonnes chances, lui aussi, de prospérer longtemps. Droit au but pourrait être la devise de notre temps. Le lecteur ne veut pas s'embarrasser de faux préliminaires, sauf s'ils sont beaux, bien sûr, mais alors ils deviennent vrais. Laconique rime avec authentique. Enfin EVASION est le graal du confiné, un besoin renforcé, révélé par la crise que nous vivons, même si nous aurions préféré l'éviter. Yuval Noah Harari, un auteur étonnant que nous serions prêts à publier sur-le-champ si par extraordinaire il décidait de faire des livres courts et de quitter une très grande maison d'édition pour découvrir nos chemins de traverse, le souligne avec lucidité : "Homo Sapiens est une espèce post-vérité, dont le pouvoir suppose que l'on crée des fictions et qu'on y croit" (in "21 leçons pour le XXIème siècle", Albin Michel, page 253).


"Matière brute" est aussi un sujet d'avenir, par définition pourrait-on dire. La MATIÈRE ne demande qu'à être transformée. De BRUTE elle devient travaillée, assemblée, détruite pour mieux créer autre chose tout en gardant des traces de la forme initiale, des traces qui font tout son charme. Papier, récolte, métal, énergie, idée, temps sont des matériaux de plus en plus précieux dont il faut prendre soin. Notre ère ultra-technologique en redéfinit en profondeur les procédés d'exploitation et de préservation. Veille-t-elle à assurer le bon équilibre entre ces deux contraires ? Par exemple, pensons au temps et à ce que nous en faisons. Le temps est la MATIÈRE BRUTE par excellence. Il peut devenir création, rite ou routine, temps perdu ou temps retrouvé, temps de qualité ou temps gâché. Quel temps voulons-nous vivre, intimement, chacun d'entre nous ? Proust et Einstein ont découvert de nouvelles facettes du temps pour nous proposer des oeuvres intemporelles. Même si leurs percées ont déjà un siècle, elles n'ont pas fini de nous étonner. Etienne Klein, physicien et philosophe, parle dans un de ses livres d'élèves d'une prestigieuse école d'ingénieurs qui encore aujourd'hui restent sceptiques face à une théorie de la relativité pourtant confirmée par l'expérience dès 1919. Quant au grand Marcel, on ne compte plus les clubs de fans à travers le monde ; selon nous, ce n'est que le début car l'auteur dont on dit qu'il ne faut pas le lire, mais le relire, s'il a démonté une bonne partie des ressorts de l'âme humaine, ne nous en distille les clés qu'au compte-goutte.

La suite au prochain numéro.


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